Virabhadrasana, spiritual warrior...




La fameuse posture du guerrier


Virabhadra : nom d’un redoutable guerrier, émanation de Shiva. Et oui, encore lui ! Sacré Shiva !


Aujourd’hui nous allons parler de la posture du guerrier. Si vous avez déjà pratiqué le yoga, vous savez que les guerriers sont des postures que l’on retrouve souvent, dans la salutation au soleil B notamment et autre Vinyasa flow. Mais quelle histoire se cache derrière cette posture ? Le yoga et la guerre, ça ne serait pas un peu antinomique par hasard ?


Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les yogis ne sont pas forcément des maîtres zen posés sur des tapis à méditer toute la journée en brûlant du palo santo. Non, non, non, les yogis, historiquement, n’ont pas toujours eu bonne réputation. Entre le 15è et le 19è siècle, certains groupes de yogis s’organisaient en bande et étaient militarisés (ce fut le cas des yogis naths par exemple). Ces bandes de yogis, également maîtres en arts martiaux, assuraient la protection de leurs ordres religieux et ils étaient même parfois employés comme mercenaires ! (par les Moghols, les Rajas et les riches propriétaires terriens notamment.)


Mais revenons à notre Shiva…et aux histoires complètement dingues de l’hindouisme.

Shiva et Sati vivaient heureux dans les montagnes de l’Himalaya. Sati aimait son époux mais ne réussit jamais à le faire accepter par sa famille. Un jour, Daksha, le père de Sati, invita tous les dieux à une grande fête sacrificielle mais n’invita pas son gendre Shiva. Sati fut si peinée de l’affront infligé à son mari bien aimé qu’elle décida que, puisque son père lui avait donnée son corps, elle le brûlerait ! Elle s’enflamma donc et fut consumée par son propre feu intérieur sous les yeux horrifiés des invités présents. (C’est d’ailleurs de là que vient le « rite » de la femme sati en Inde, qui a connu une résurgence en 1987 lors du suicide surmédiatisé de Roop Anwar.)

Lorsque Shiva appris la mort de sa femme, fou de rage, il s’arracha une mèche de cheveux et la jeta violemment au sol. De cette mèche émergea Virabhadra, le Guerrier.

Shiva envoya alors le guerrier aux milles têtes et milles bras sur le lieu de la fête : le lieu fut dévasté et Daksha, le beau-père de Shiva fut décapité. Les dieux reconnurent alors la colère et la grandeur de Shiva et commencèrent à le vénérer. Apaisé par les hommages rendus, Shiva réabsorba en lui l’énergie de Virabhadra et ressuscita son beau-père (qui dût cependant vivre avec une tête de chèvre…) Grâce à Virabhadra, Shiva montra sa puissance, et sa capacité à se faire respecter mais fit également preuve de magnanimité. À méditer !


« Quelle que soit la guerre à mener, elle est toujours d’ordre spirituel. Ce n’est jamais une guerre extérieure, menée avec des armes : c’est en lui que le yogi livre bataille. Ce ne sont pas des têtes sur le Guerrier tranche. Ce sont les chaînes de l’ignorance, avidhya, cause de toutes les souffrances. » Clémentine Erpicum dans son livre Le chien tête en bas.
60 vues

THE YOGATROTTER

info@theyogatrotter.com

       0631193772

  • White Instagram Icon
  • White Facebook Icon